PCF, l’heure du choix !

Mon intervention au Conseil national du 14 octobre 2018

Un congrès, a fortiori un congrès extraordinaire, doit être un moment de clarté, et un temps de décision. Or pour l’instant, n’ayant pas l’un, nous n’aurons probablement pas l’autre.

Une base commune est adoptée mais nous n’avons en effet pas la clarté. Ce problème de clarté est d’abord consécutif à la perte substantielle de qualité de nos débats dans la période récente.

Ceux-ci ont été obsessionnellement pollué par l’idée que notre parti aurait pâti d’un effacement quasiment choisi et que notre principal problème serait la France insoumise. La violence de son leader à notre égard a servi de prétexte, elle a aspiré une grande part du débat, parfois jusqu’à l’absurde. Repeinte en force tantôt nationale-populiste, tantôt sociale-démocrate, un consensus tacite s’est fait sur l’idée qu’au fond cette force était notre principal adversaire. Cette outrance nous interdisant d’examiner quels sont les vraies lignes de débat qui aujourd’hui traversent la gauche anti-libérale.

La clarté doit se faire sur un contenu, sur le fond. On ne peut pas se contenter de dire, « notre cap, c’est d’en finir avec l’effacement du PCF ». Franchement, ce n’est pas au niveau. Qui dans notre assemblée a travaillé à autre chose qu’à tenter de mettre les idées communistes sur le devant de la scène ? La question n’est évidemment pas de savoir si l’on veut ou pas faire sortir notre parti de l’effacement, de l’insignifiance. Quoique nous pensions, nous le voulons tous. Tous les communistes le veulent. La seule question, c’est pourquoi sommes-nous inaudibles et comment en sortir ?

Oui, pour l’instant, le risque est grand que nous ayons un congrès des raccourcis, un congrès des facilités, autant de façons commodes d’éviter de se poser quelques questions simples :

  • Notre déclin date-t-il de la création du Front de gauche, ou de Martigues comme le prétendent les rédacteurs de la base commune adoptée ? Ou est-il plus ancien, engagé depuis plus de 40 ans ?
  • Présenter des candidats à la présidentielle, notamment en 2002 et en 2007, malgré de belles campagnes, du buzz (même si on disait autrement alors), nous a-t-il permis d’endiguer notre déclin électoral ?
  • Pourquoi nombre de nos propositions, pourtant martelées à longueur d’affiches et de tracts depuis des années comme la sécurité emploi-formation n’impriment-elles pas dans la société ?

En composant un lit douillet de nos ressentiments, même légitimes, de nos inquiétudes et aussi du souvenir d’une organisation forte et puissante, je ne suis pas sûr que le texte adopté nous rende service. Nous ne créons pas les conditions d’un congrès du sursaut. Plus grave, pouvons-nous rester sans boussole sur plusieurs questions essentielles et qui probablement faisaient débat parmi les rédacteurs du texte ? Deux exemples :

  • Comment allons-nous faire la bataille des européennes qui est engagée ? Ian a besoin de savoir. Nous allier avec Hamon pour une Europe sociale à traité constant, défendre la sortie de l’Union européenne, ou encore nous inscrire dans une démarche convergente avec la plate-forme « Maintenant le peuple » ? Le congrès doit choisir.
  • Pour préparer les municipales, allons-nous nous engager dans des logiques d’alliance à géométrie variable, avec des forces comme le Parti socialiste, voir pire, c’est à dire des forces qui soutiennent des politiques qui accablent les collectivités : la course à la métropolisation, l’austérité budgétaire,…

Enfin, la clarté ne devrait pas faire défaut sur un dernier sujet, les directions, et le choix d’une ou d’un secrétaire national puisque des camarades posent désormais ouvertement la question depuis le résultat du vote. Alors, je vous le dit, les communistes ont peut-être voté pour des textes différents, mais ils veulent que cette question soit traitée dans la plus grande clarté et ne soit pas inspiré par un dégagisme que nous fustigeons par ailleurs.

Enfin, si à ce stade, nous n’avons pas de clarté, comment pourrions-nous avoir des décisions ? Nous avons un parti partagé comme jamais. Comme l’a dit Pierre, il y a un texte, mais il n’y a pas de majorité.

Faute de majorité, on entend des appels au rassemblement, pour construire ou conserver une majorité quoiqu’il en coûte, malgré les divergences. Mais le rassemblement sans cap, en attendant les jours meilleurs, en attendant un autre congrès, ce n’est pas la solution. C’est un luxe que nous ne pouvons pas nous permettre. Je vois que Pierre veut croire à un point d’équilibre.

Je lui dit, qu’aussi dangereux qu’une ligne repli, composer un mauvais patchwork ne pourra conduire qu’aux mêmes difficultés rencontrées. Nous sommes à l’heure des choix. Nous devons annoncer la couleur : marche arrière ou marche avant.

3 réflexions sur “PCF, l’heure du choix !

  1. Bon c Her camarade
    A part de critiquer que le texte du manifeste n’est pas bon .Ok
    Mais concretement que proposes tu ?
    Devo.s nous ameliorer ou devons nous seulement dire que rien de bon sortira de ce congres.
    Devonsnous rester chacun sur ses,positions comme tu sembles le faire
    Que veux tu exactement soit plus concret.
    Faire de la politique c’est aussi faire des propositions.
    Marche avant ou marche arriere .C’edt pour te conforterque tu as cette expression .N’ai pas pas le mepris des communiste qui ne sont oas d’accord avec toi.Surtoutn’enterre pas le congres avant qu’il est eu lieu
    Amicalement

    A propos a toi et a pierre se sont les statuts qui precisent qU’il peut y avoirdes textes alternatifs

  2. parle nous de la propriété capitaliste ; la propriété, c’est le pouvoir (Auguste blanqui), mais la plupart des dirigeants communistes, à tous les niveaux, sont allergiques au mot « nationalisation » et objecte toutes sortes d’arguments pour freiner l’assimilation du concept. Comme s’ils avaient tous des actions du CAC40 ou autres.

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