Pour un Front commun aux européennes !

Mon intervention au Conseil national du PCF (5 septembre 2018) dont l’ordre du jour était la préparation du congrès extraordinaire de novembre 2018 et les échéances européennes de 2019.

Les camarades prêtent attention à éviter ce qui peut diviser la famille communiste. Mais il ne faudrait pas en tirer argument pour éluder le débat, et nous conduire à sous-estimer la gravité de notre situation : affaiblissement organisationnel, marginalisation idéologique et électorale, avec comme éventualité, la disparition du communisme politique en France.

Même si leur réponse peuvent être différentes, la plupart des communistes en sont conscients, c’est pourquoi il y a une attente très forte que les débats puissent aller au bout. Non pas que ce congrès puisse régler l’ensemble des défis, mais qu’il nous engage dans un processus réel de régénération, et nous sorte de l’incantation.

Cette attente, cet intérêt, nous avons pu le mesurer dans le débat qui s’est tenu lors de notre université d’été, à la demande de camarades soutiens du texte « Pour un printemps du communisme ». Un débat de qualité, passionnant a-t-on entendu, qui s’est déroulé dans le calme et le respect, et qui surtout a contribué à mieux cerner les options qui sont sur la table.

C’est pourquoi pour un congrès véritablement extraordinaire, nous devons donner toute sa chance à ce temps de diversité du débat autour des textes en présence. Notre conseil national devrait exprimer des encouragements dans ce sens et plus concrètement, aider à ce que de tels débats puissent être organisés dans l’ensemble des fédérations, à l’occasion d’assemblées générales de communistes. Il n’y a aucune raison que les communistes qui n’ont pas pu se rendre à l’université d’été et qui sont les plus nombreux, soient privés de ce temps de clarté.

Concernant les élections européennes, nous voyons bien que les enjeux de cette élection sont en train de devenir tout à fait considérables. Comment empêcher une nouvelle poussée massive de l’extrême-droite en Europe, n’est pas le moindre. Mais aussi comment faire grandir la crédibilité d’une alternative au libéralisme qui sévit en France et en Europe ?

En France justement, les signes d’essoufflement du macronisme se multiplient. Le voile de la communication se dissipe : politique de classe, mépris et népotisme, et surtout résultats catastrophiques pour les gens, qui vérifient tous les jours que le nouveau monde qu’on leur avait vendu, ressemble furieusement, en plus violent, aux politiques qui leur sont administrées depuis 30 ans pour faire reculer nos droits.

La salutaire raclée pourrait donc chercher à s’administrer de la manière la plus efficace. Il faut lui donner les moyens de le faire à partir d’une proposition authentiquement de gauche, faute de quoi nous savons quelles forces pourraient en tirer parti.

Dans un tel contexte, porteur de dangers mais aussi de potentialités, il serait tout à fait incompréhensible de ne pas travailler avec la dernière énergie au rassemblement des forces qui existent. La résolution que nous avions voté au printemps en faisait d’ailleurs un de ses objectifs : « Travailler les convergences pour construire une liste porteuse de l’objectif « L’humain d’abord, pas la finance » et faire élire des député·e·s communistes et de gauche ».

Évidemment, la logique de division a le vent en poupe. Chacun dans son couloir tente de pousser son avantage, de « se refaire » ou de lancer « sa petite entreprise ». Doit-on s’y résigner ? A-t-on raison aujourd’hui de dire qu’on ne croit pas à ce rassemblement ? Doit-on rester l’arme au pied sans prendre d’initiative d’ampleur pour lui donner une chance ? Ce ne serait pas responsable.

Notre parti doit contribuer à lever les blocages et non en susciter de nouveau. Aidons en ce sens le chef de file que nous avons désigné pour animer cette campagne, bien sûr à faire vivre notre vision, nos propositions communiste sur l’Europe, mais indissociablement à formuler en grand la proposition stratégique d’un Front commun aux élections européennes de 2019.

N’ayons pas la mémoire courte.

Souvenons-nous que c’est notamment d’un défaut de lecture du moment politique qu’à résulté notre marginalisation lors des échéances de 2017. Ne refaisons pas la même erreur en étant spectateur d’une recomposition toujours en cours et qui pourrait conduire à un nouveau reflux de notre influence.

Souvenons-nous aussi qu’en 2009, il y a 10 ans, c’est de l’effort considérable que notre parti a fait sur lui même en créant le Front de gauche, que c’est cette « initiative communiste » qui a contribué à faire surgir un nouvel espoir dans le pays, et redonner de l’influence à notre parti et aux idées qu’il défend.

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