1 migrant sur 20 meurt en mer

Deux mille personnes sont mortes depuis le début de l’année en tentant de traverser la Méditerranée : des hommes, des femmes, des enfants, chassés par la misère, les persécutions et les conflits qui se multiplient du Maghreb au Machrek en passant par la zone sahélienne, jetés dans de vieilles barques, entassés dans des rafiots rouillés. Ces croisières de l’épouvante tuent en ce moment un migrant sur vingt…

Deux mille, c’est trente fois plus que l’an passé (voir l’infographie plus bas). Une conséquence logique puisque l’an passé, les navires italiens de l’opération Mare Nostrum patrouillaient au large de la Lybie pour venir en aide aux esquifs en perdition. Accusée de créer un « appel d’air » en réduisant les risques pour les naufragés, l’opération a pris fin depuis, remplacée par le dispositif Frontex de « surveillance des frontières » de l’espace Schengen. Cet abominable calcul ne sert de rien : le flux ne faiblit pas. Malgré les risques, ceux qui ont déjà tout perdu ne reculeront pas plus devant la voracité des passeurs que face à la brutalité des autorités européennes.

La cruauté n’arrêtera pas cette hémorragie

Ceux qui font commerce de fermeté en proposant de bombarder les navires, même vides, voire de les ramener à leur point de départ avec leur cargaison humaine, sont des salauds et des menteurs. La cruauté n’arrêtera pas cette hémorragie. Les murs dérisoires que l’Union européenne construit à ses frontières ne seront jamais assez haut pour qui veut fuir la guerre, protéger les siens, ses enfants, leur accorder la chance d’une vie digne. Ils ne dissuadent pas les grappes humaines qui les prennent d’assaut chaque jour, à Mellila et à Ceuta par exemple, enclaves espagnoles au Maroc.

Cette politique inhumaine, et les palabres autour des quotas doivent cesser. Tous les moyens doivent être mobilisés pour secourir tous les naufragés. Ceux-ci doivent être traités dignement, non comme du bétail, un fardeau à se partager, mais avec fraternité, avec l’humanité due à ceux qui traversent la terrible épreuve de quitter son foyer, sa terre natale.

Bien sûr, l’Afrique entière n’a pas vocation à rejoindre nos côtes. C’est pourquoi il faut aussi peser sur les causes profondes de cet exode de masse. Par exemple en mettant un terme au libre-échange à sens unique entre l’Union Européenne et l’Afrique qui pille les économies fragiles des pays émergents, et ruine notamment une multitude d’agriculteurs. Au contraire, l’urgence est au développement économique de ces pays par des accords de coopération plutôt qu’une compétition qui ne leur laisse aucune chance.

Il faut aussi changer de politique étrangère, basée sur la diplomatie plus que sur les coups de mentons et les opérations militaires inconséquentes, comme celle d’Irak, ou encore de Libye qui a plongé les populations sahéliennes dans le chaos, à la merci d’islamistes et de truands armés par l’occident et les puissances du Golfe persique.

Enfin, l’Europe, première puissance économique mondiale doit peser de tout son poids pour engager enfin la transition écologique, faute de quoi, les migrants d’aujourd’hui seront demain rejoint par la masse des réfugiés climatiques, fuyant sécheresse et montée du niveau de la mer.

La Méditerranée n’a besoin ni de matons, ni de miradors. Elle a besoin d’entraide et de coopération entre les peuples.

Infographie vue dans l’Humanité.fr

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