Conseil national

Un conseil national d’importance aujourd’hui. A l’issue du rapport présenté par Pierre Laurent, les débats n’ont pas été inintéressants. Je mets de côté les obsédés de la candidature à la présidentielle. Je livre le texte de mon intervention :

Nous avons marqué des points et ces derniers mois. D’abord parce que nous avons, avec d’autres, su montrer la nocivité de la réforme des retraites. Ce n’était pas gagné. Nous avons, et c’est plus structurant, réussi à faire avancer l’idée que l’on pouvait faire autrement, que l’argent, les richesses existaient pour faire autrement et que la crise financière n’était pas une catastrophe naturelle mais la pente d’un système fou. C’est une victoire sur le terrain idéologique qui est un point d’appui .

Ensuite, le rassemblement que nous avons initié, celui du Front de gauche, s’enracine dans le paysage, au-delà des échéances électorales, et incarne un espoir pour un nombre croissant de nos concitoyens, à commencer par celles et ceux qui étaient engagés dans le mouvement.

Tout cela est très encourageant. Pour autant, des questions restent posées.

Je veux pointer trois difficultés :

D’abord, celle du piège de la présidentielle. Cette élection est un piège. Elle favorise les querelles d’ ego au détriment du projet. Pour autant, nous ne pouvons la négliger. Elle est une boussole pour nos concitoyens. Mais parce qu’elle dit une organisation du pouvoir que nous voulons dépasser, il me semble que nous devons nous engager pour une candidature véritablement collective, celle d’un collectif de représentants de nos organisations, de personnalités du mouvement social. Le nom qui au final sera sur le bulletin, devant être, c’est le bon sens même, celui qui pourra recueillir le plus de suffrage. Mais il ne sera finalement qu’accessoire si nous imposons tout au long de la campagne le « Nous » et le « pourquoi faire » à l’incessante question du « qui ». Si nous prétendons faire descendre de son piédestal la figure présidentielle, commençons par celle de candidat. Cela pourrait faire événement dans cette campagne, nous permettre de mieux relier présidentielles et législatives, et couperait court au débat souvent caricatural pro ou anti-Mélenchon. Faisons-en un point décisif du texte que nous pourrions adopter le 7 janvier.

Notre rapport au Front de gauche : c’est nous qui avons créé ce mouvement. Comment expliquer alors que nous apparaissions mystérieusement comme à la remorque, contraint de nous y joindre, avançant mais à reculons. Nous vivons paradoxalement le développement de cette stratégie du Front de gauche comme concurrente à celle pourtant tout aussi nécessaire de renforcement de notre organisation. Avancer sur le Front de gauche ce serait reculer sur le Parti. Comment résoudre ce paradoxe. En conjugant cette double identité. C’est une urgence. Cela passe par un engagement beaucoup plus enthousiaste dans cette démarche, démontrant que nous en sommes le cœur battant. Le regard sur le PCF de notre peuple et notamment de celles et ceux qui s’intéressent au Front de gauche en sera transformé.

C’est justement pour moi une question décisive. Quelle idée se fait notre peuple du PCF, de ce qu’il défend, c’est le troisième point. Beaucoup reste à faire. Ne nous le cachons pas, nous continuons à apparaître comme une force potentiellement utile, mais une force du XXème siècle. Plus grave, chacun est capable en une phrase de dire ce que prétendent défendre les forces politiques dans ce pays :

  • L’ump : faire gagner la France dans la mondialisation libérale
  • Le PS : protéger, take care, dans la mondialisation libérale
  • les verts : faire de l’environnement une priorité politique
  • le PG : mettre un coup de pied dans la fourmilière et proposer une alternative à la mondialisation libérale

Sommes-nous capable de dire avec la même simplicité ce que nous faisons, ce pourquoi nous, communistes, nous battons ? Pour l’instant, non. Le travail sur le projet peut y contribuer de manière décisive. Mais un projet ne suffit pas. Il faut produire également les mots, les gestes et les symboles qui sauront dire avec clarté ce que nous ne sommes définitivement plus et ce que nous voulons être. Ce chantier est prioritaire et doit être impulsé plus vigoureusement. C’est celui de notre projet mais également celui de notre transformation qui ne peut être un simple ajustement mais qui doit dire en grand que nous sommes de plein pied dans ce siècle.

4 réflexions sur “Conseil national

  1. nous ne sommes pas a la remorque , nous sommes le coeur qui bat pour changer de base la société , oui la presidentiel n’est qu’un moyen que NOUS devons gagner avec tous ceux qui en on assez du systheme sarkozy , avec ces bouygue Boloré bethoncourt,et notre coeur bat pour la fin et le depassement mondial du capitalisme ,laissons ceux qu’il veulent presonalisé la presidentiel , a nous di mettre un grand NOUS

  2. J’espère que l’on ne va pas faire la même bêtise quand 2007 avec la candidature de Marie-George Buffet.
    On a le chic de lancer de bonnes idées et sous prétexte que d’autres s’en emparent politiquement on se replie. Mai quelle est donc cette idée communiste qui ne peu se libérer de ses entraves du passé ?
    Il est possible que nous soyons victimes de la misère en deux fois : Une première fois par l’exploitation financière et une deuxième fois par l’intoxication idéologique qui nous fait perdre confiance dans la force de notre idée ?

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