De la sérenité au coeur du Front de gauche !

J’attire votre attention sur la prestation de Marie-George Buffet sur France Culture le samedi 10 mai dernier. Avec quelques jours de retards.

Comme souvent, je partage beaucoup de ce que Marie-George a pu dire dans cette émission. Mais il faudra revenir ici sur l’une des grandes questions qu’elle soulève : l’adhésion directe au Front de gauche. Une question qui, même si elle continue de m’interroger, doit être exhumée de là où on l’avait enfouie.

Mais je prends cet interview en exemple parce qu’il témoigne de l’ambiance qui doit prévaloir au cœur du Front de gauche : fraternelle. Les passages médias et ses habituels chausses-trappes, pas forcément malintentionnés mais d’usage désormais, posées par les journalistes pour recueillir tel mouvement d’humeur à propos de telle ou telle personnalité du Front de gauche, ne doivent pas affaiblir notre Front. Vous savez, les habituels : « Jean-Luc Mélenchon a dit le contraire hier à tel endroit », ou encore « Vous n’êtes pas sur la même longueur d’onde avec Pierre Laurent »,…

Marie-George illustre parfaitement ce que j’attends. Tenir sur le fond sans saisir les perches de la discorde. Exemple dans cet entretien sur France Culture, sur l’attitude qu’il convient d’avoir avec les 41 parlementaires socialistes qui se sont abstenus sur le récent vote consultatif à propos du plan d’économie budgétaire de 50 milliards :

– Moi ce que j’ai envie ce n’est pas de leur demander de sortir, de partir. Non. Moi ce que j’ai envie de leur demander, c’est de travailler ensemble. C’est est-ce que l’on peut faire des choses ensembles ? C’est est-ce qu’on peut avancer ensemble, c’est…

Le journaliste l’interrompt et lui fait observer avec gourmandise que Jean-Luc Mélenchon a proposé à ces 41 parlementaires de quitter le Parti socialiste :

– Vous ne leur donnez pas le même conseil que Jean-Luc Mélenchon ! Vous dites, vous pensez que c’est mieux qu’ils fassent les choses au sein de leur parti, disons les choses franchement.

Peut-être que certains feront le choix de sortir de leur parti, mais ce n’est pas à moi d’en décider, c’est pas à moi de leur dire c’est maintenant qu’il faut le faire. Jean-Luc Mélenchon a eu ce formidable courage, à un moment donné, de prendre le risque de sortir de son parti, de créer un nouveau parti, pour permettre la constitution du Front de gauche, je le remercie encore aujourd’hui, mais chacun aura son itinéraire, l’important c’est que des hommes et des femmes qui ont référence au Parti socialiste, qui sont membres du groupe socialiste, disent, cette politique qui est menée ne nous convient pas, il y a d’autres politiques possibles à gauche, ça c’est formidable.

Le résultat : tout le monde comprend qu’il y a bel et bien des nuances au cœur du Front de gauche, pas des abîmes. Marie-George aura su faire entendre cette nuance, tout en renforçant la cohésion de notre Front de gauche par une assez jolie prise de judo.

Cette attitude relativement exemplaire doit toujours nous inspirer, autant que faire ce peut. Si le Front de gauche est notre bien le plus précieux, ce dont je suis persuadé, ses composants politiques doivent en toute occasion être respectés, préservés. Cela vaut aussi pour leurs militants et leurs dirigeants qui ne sont ni des « gauchistes », ni des « pleutres », ni des « populistes », etc… Tous les coups, même les petits coups de griffes, doivent être proscrits, sans concession sur le fond.

C’est bien ce qui m’a été donnée de regretter dans le passage de l’ami André Chassaigne, qui aura saisi à deux mains la perche du journaliste de RFI pour regretter la « personnalisation » au cœur du Front de gauche en raison de la personnalité de Jean-Luc Mélenchon, son « échec » face au Front national. Les écorchures ont été suffisamment nombreuses ces derniers mois pour ne pas poursuivre sur cette voie. Et l’illisibilité que regrette André, et qu’il impute à Jean-Luc Mélenchon, en est aussi le produit, au-delà des divergences réelles qui peuvent exister sur l’analyse stratégique. Mon post en forme de reproche amical sur Facebook a déclenché en tout cas une avalanche de commentaires, qui montre bien que les rancœurs et l’émotion pourraient emporter en moins de deux ce que nous avons mis 6 ans à construire.


A.Chassaigne: «Le libre échange c’est la porte… par rfi

Cet accroc en direction d’une personnalité co-fondatrice, certains pourrait appeler cela « une faute politique » délibérée. Je veux croire que c’est une bourde, ce que démontre la dépêche que l’AFP a publié illico presto, reprise par Libération, etc… Bravo. Sans oublier l’impayable Yves Thréard, exigeant de Clémentine Autain qu’elle lui réponde : « Êtes-vous d’accord avec le député André Chassaigne« . Qu’a-t-on à gagner à tout cela ? Rien. Malheureusement pour André, son long et utile développement sur Tafta sera passé à la trappe. Au final, le travail qu’il fait comme animateur de la bataille à l’assemblée passe au second plan. Et les petits aboyeurs, au PG comme au PCF, vont pouvoir continuer à se prendre aux mollets et à nous faire perdre notre temps. Dommage, car André comme Jean-Luc valent mieux que ces mauvaises querelles.

Pour finir sur une note optimiste, la prestation de Pierre Laurent sur France, aux Quatre vérités sur France 2, le 12 mai. Claire, combative et argumentée. Notamment sur les questions stratégiques. Je ne cire là aucune pompe dirigeante, je l’observe juste avec satisfaction.

Pierre Laurent invité des 4 vérités le 12 mai… par CN-PCF

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