L’autonomie, ce n’est pas l’isolement

L’intervention que j’aurais pu prononcer au Conseil national aujourd’hui, si le temps n’avait pas manqué (?), et que j’avais corrigé en fonction du rapport prononcé par Pierre Laurent. Nous verrons bien ce que le réel réservera comme avenir aux propositions qui ont été avancé.

Il y a une formule que j’ai beaucoup entendu ces dernières semaines : la situation est grave, très grave. C’est vrai. Je l’ai moi-même employé. Crise, pauvreté, extrême droite, dégoût de la politique, dispersion à gauche, isolement du PCF, etc. Mais le lamento autour de la gravité est aussi un paravent qui masque les potentialités de la période. Et la nécessité pour le PCF d’être en mouvement pour les faire grandir, leur donner une perspective politique.

Premièrement : l’incertitude sur le résultat des prochaines échéances électorales n’a jamais été aussi grande. Le résultat de ne se limite pas à deux possibilités et personne ne peut prédire qui parmi 5 ou 6 candidats déclarés ou potentiels, pourrait être au 2nd tour de la présidentielle. La multiplication des candidats ne touche pas que la gauche, mais aussi le centre et peut-être la droite. Jamais depuis 30 ans un candidat de notre gauche n’a aggloméré de telles intentions de vote sur un seul bulletin de vote. Les premiers meetings de mélenchon montrent que l’intérêt de 2012 n’est pas retombé. Il n’est pas écrit que le candidat que nous avons décidé de soutenir ne puisse pas accéder au second tour. Nous ne pouvons pas le prédire, nous pouvons seulement tenter d’y contribuer. Rien ne dit par exemple que le pays accepte de se livrer à la purge ultralibérale, au Blitzkrieg de Fillon, surtout si nous menons en grand la campagne que nous avons prévu. Rien ne dit non plus qu’à l’issue de la séquence, nous ne verrons pas renforcé le groupe des élus de combat à l’Assemblée nationale que sont les élus communistes.

Deuxièmement : la crise considérable du PS va nécessairement conduire à une recomposition du paysage politique. Il n’est pas certain que le courant social démocrate exerce toujours sa domination à l’issue de cette période. Peut émerger un nouveau pôle de résistance et de construction d’une alternative. Le Parti communiste français va-t-il jouer un rôle central dans son émergence, où va-t-il laisser à d’autres, le leadership de cette recomposition ? Poser la question c’est y répondre.

Je veux pour finir pointer deux interrogations qui se nourrissent de ce que je viens de dire.

Nous venons de décider de soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon par un vote des adhérents au terme d’un débat que nous avons poussé jusqu’au bout. Selon la formule du bulletin de vote, si ce soutien ne pose aucune condition à proprement parler, les communistes ont fait le choix d’une campagne autonome. Si nous entendons par autonome, le fait qu’elle ne s’inscrive pas dans une logique de ralliement, notamment à la France Insoumise, qu’elle respecte ce que nous sommes et encourage notre apport singulier, je suis d’accord. Mais si cette autonomie rime avec repli, avec campagne isolée du PCF, je ne suis pas d’accord. J’entends certaines des initiatives indiquées par Pierre tout à l’heure vont dans le sens d’un travail en commun. Nous avons besoin de jouer pleinement notre rôle : avec l’apport communiste en terme de contenu, mais aussi notre fonction qui est celle de rassembler. Une initiative existe, appelant à faire Front commun, c’est à dire visant à faire exister un cadre pluraliste de campagne, respectant les forces politiques et les citoyens. Qu’on l’appelle ainsi ou autrement, c’est bien dans cette direction et non dans la voie du repli qu’il faut aller.

Enfin, j’exprime une inquiétude. Sur les législatives, j’entends dire qu’il y aura des candidats de la France Insoumise partout. J’en entend d’autres dire qu’il y aura des candidats communistes partout. Je veux dire que tout doit être fait pour éviter les luttes fratricides. La voie de la raison c’est d’engager des discussions pour que nous ne nous retrouvions pas avec des circonscriptions ou plusieurs candidats s’affronteraient tout en revendiquant leur soutien à Jean-Luc Mélenchon. Il ne s’agit pas de se bercer d’illusions, il s’agit d’être pragmatique, et d’engager des discussions à tous les niveaux, national, départemental et local, pour permettre la convergence.

Une réflexion sur “L’autonomie, ce n’est pas l’isolement

  1. le « pragmatisme  » c’est la mort ! Nous avons voté pour soutenir JL M à la présidentielle et pas un jour ne passe sans que nous appelions à un rassemblement plus large BEAUCOUP plus large ; « rien ne dit » ; non rien ne dit et rien ne dit l’inverse ; sans politique de LARGE rassemblement à gauche , la gauche ne sera pas présente au second tour ; divaguer sur les candidatures multiples à droite – encore du « pragmatisme »- c’est s’illusionner ; à la différence de Sarkozy qui fracture son propre camp , Fillon lui fera l’unité autour de lui dans son camp pour une excellente raison : son programme en termine cette fois avec plus d’un demi siécle ; c’est le seul qui soit cohérent jusqu’au bout ; pour le PCF , conjurer l’extrême péril ce n’est pas le « pragmatisme » qui fait d’un vote majoritaire CLAIR un ralliement pur et simple ;les initiatives à prendre ne se réduisent pas aux « contacts » avec FI ; bien loin de là et il est heureux que nous ne semblions pas prendre ce chemin ; parlons vrai entre nous !!!!

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