Maintenant, faire front commun !

Ci-après, mon intervention devant le Conseil national du Parti Communiste Français le 8 septembre 2016, et dans laquelle j’appelle à soutenir l’initiative pour un Front commun.


Depuis le début de cette année, nous avons annoncé vouloir construire, pour les échéances de 2017, un rassemblement plus large que celui auquel nous sommes parvenus en 2012. Or, à six mois des échéances, aucune des portes que nous avons poussé ne s’est ouverte. La division règne à gauche : primaire Europe Écologie Les Verts, celle du PS, candidatures multiples à gauche. Plus grave, le Front de gauche est abîmé. Au final, le rassemblement que nous voulions plus large pourrait être plus réduit.

Or nous ne pouvons…

  • … ni perdre de vue la nécessité de tenter de faire échec à la droite, au libéralisme sous toutes ses formes et au FN en 2017.
  • … ni être en situation, à l’issue de cette échéance, d’avoir reculé sur ce que nous avons contribué à construire comme alternative politique depuis 1995 et surtout depuis 2009.

Au fond, le pire serait que le PCF n’apparaisse utile ni à l’un ni à l’autre de ces enjeux. Cela conduirait à un nouvel affaiblissement. C’est l’inquiétude qu’exprime aujourd’hui de nombreux communistes.

Regardons la réalité politique en face. Voyons que pour les présidentielles, la candidature de Jean-Luc Mélenchon, avec ses insuffisances, voire de vraies difficultés de fond, est porteuse d’un contenu avec lequel nous avons tout de même des convergences considérables. Cette candidature est désormais très fortement ancrée dans le paysage, en particulier dans les milieux populaires. Le sondage IFOP du 4 septembre la place même en première position comme choix de vote des électeurs de gauche, devant Hollande, Valls, Montebourg et Macron ! Est-ce suffisant à ce stade pour penser l’emporter ? Probablement pas, mais convenons que c’est encourageant.

Voyons aussi que dans leur immense majorité, les communistes ne veulent pas d’une candidature issue de la sociale démocratie. Pour l’essentiel, ils hésitent entre une candidature communiste dont ils redoutent qu’elle ne fasse pas le score espéré et qu’elle soit également source de division, et celle déjà installée de Jean-Luc Mélenchon. Sur le terrain, nous voyons bien que présidentielle et législatives sont liées, et que le choix de Jean-Luc Mélenchon est encore le meilleur pour entrer vite et partout en campagne, et surtout pour conserver nos bases législatives, en particulier dans les circonscriptions qui nous ont été ravies par le PS en 2012. Il n’est pas trop tard.

Bien sûr, nous nous sommes donnés un calendrier pour 2017. Mais nous ne pouvons pas apparaître comme « en attente » de nos propres échéances. Évidemment, personne ici n’a l’intention d’être repeint en « insoumis ». Mais ne serait-il pas judicieux d’examiner sérieusement quelles conditions doivent être réunies pour que nous puissions mener des campagnes communes autour d’un programme, et de candidatures communes aux législatives et à la présidentielle, avec Jean-Luc Mélenchon ? Quel cadre permettra aux forces politiques qui le souhaitent, du FDG aux insoumis et au-delà, écologistes et socialistes en rupture, de faire campagne ensemble ? Comment associer vraiment et de manière innovante les citoyennes et citoyens ? Quel programme sur la base des différents apports : Humain d’abord, convention des Insoumis, apport du PCF et mandat populaire issu de la grande consultation, etc…

La Fête de l’Humanité qui réunit nombre de ces forces, de ses militants pourrait être un moment pour avancer dans cette direction, lancer un signal fort. Pour ma part, j’ai décidé de m’associer à l’appel pour un Front commun lancé par des personnalités du FDG, d’artistes, de syndicalistes, d’intellectuels et d’élus qui partagent cette exigence. Et je pense qu’il serait utile que notre parti s’en saisisse sans tarder.

5 réflexions sur “Maintenant, faire front commun !

  1. Tout ce qui permet de sortir d’un enlisement des forces communistes est salutaire. La moins pire des solutions est sûrement une proposition ralliant les soutients de Mélenchon .. plutôt que tout sauf Mélenchon… encore faut il que Mélenchon pour qui j’ai déjà appelé à voter pour lui ( et la poursuite du programme de 2912) fasse cesser les commentaires de ses fans qui ne cessent de déclarer « pas de deal avec les insoumis  » … si le fdg à une chance c’est sûrement pas en condamnant une discussion avec les communistes.. toutes tentatives de tirer la couverture sont vaines.. on peut voter Mélenchon et dire que le pouvoir n’est pas confisquer… appeler à voter Melenchon sans donner notre point de vue n’est pas recevable.. alors insoumis … il faut etre deux pour debattre..

  2. Moi aussi je suis entièrement d’accord avec les propos de Frank. Une force politique qui venait de l’Humain d’abord , l’enthousiasme autour de la campagne de 2012 et à six mois de la fin d’un quinquennat nous ne profitons même pas de la rampe de lancement qu’aurait pu être la fête de l’huma.

  3. on ne va pas ressasser le passé. Quel avenir donc ? Jean-Luc Mélenchon n’a jamais fermé la porte. les jours sont comptés avant la convention d’octobre et c’est dès maintenant qu’il faut monter dans le train pour construire le rassemblement avec les insoumis dont la force se construit et s’étend jour après jour. Ce rassemblement ne peut être conditionné par les élections législatives qui suivront. Sans les perde de vue, il s’agit bien de tout mettre en œuvre pour remporter cette élection. Si nous avons la dynamique les dernières barrières se lèveront, portée par un programme l’humain d’abord actualisé.

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