S’ouvrir et changer maintenant

Résumé de mon intervention au conseil national de 13 et 14 octobre 2017

Nous sommes confrontés à deux principaux problèmes concernant la préparation du 38e congrès du PCF.

Nous avons un problème de méthode : nous prétendons nous réinventer et nous faisons un questionnaire interne… qui risque d’anesthésier tout débat. Pour éviter que ce congrès ne soit un conclave, nous devons envoyer un signe fort à toute la société : « le parti communiste entend se révolutionner ». Nous avons su le faire par le passé.  Si ce congrès sait produire des signes suffisamment fort pour que nous soyons entendu au-delà, les communistes s’empareront des débats car il les jugeront utiles. Sinon, nous aurons brassé du vent. Nous devons avoir un congrès fondateur, ouvert, un congrès qui s’adresse à tout ce qu’il y a de communiste dans la société, toutes celles et ceux qui ont croisé la route du PCF, y compris celles et ceux qui l’ont quitté récemment.

Nous avons également un problème de timing. L’état de faiblesse du parti à l’issue de la séquence électorale nous impose d’engager et d’expérimenter nos transformations dès maintenant, sans attendre l’été ou l’automne 2018. Par exemple, nous ne pouvons pas différer la prise d’une initiative pour aller vers la création d’un média numérique indépendant dans un paysage dominé par les forces de l’argent. C’était une décision du dernier congrès. La FI a engagé dans ce domaine une initiative, peut-être discutable, mais qui prend à bras le corps le problème. Sur ce sujet comme sur bon nombre d’autres, nous ne pouvons pas rester l’arme au pied, et l’Humanité devrait probablement contribuer à l’émergence d’un tel média.

2 réflexions sur “S’ouvrir et changer maintenant

  1. Ecarté du PCF depuis cinq ans, je serais sensible à une démarche qui s’adresse à moi comme à tous ceux qui ont quitté ou ont été écartés du parit depuis de longues années. Or, c’est le contraire qui se produit et qui pour moi, démontre que l’intention de se renouveler n’est que du vent . Une refondation ne sera valable que si l’on s’adresse à tous et que si toutes les directions actuelles démissionnent. Sinon, c’est le système de copinage qui continue et ce sont les gens bien installés dans leur confort et leur certitude qui demeurent pour se renouveler de congrès en congrès.

  2. Voilà un message qui me surprend sur plusieurs points.

    Comme le signataire de la tribune ci-dessus (Une réflexion sur “S’ouvrir et changer maintenant”) le sait certainement, les statuts du parti communiste (comme ceux de tous partis, organisations ou associations) prévoient expressément que seuls les membres à jour de leurs cotisations peuvent prendre part à un congrès. Du reste seul un congrès extraordinaire peut modifier ces statuts. Donc demander qu’une direction, à quelque niveau que ce soit, s’assoie sur ces considérations est logiquement impossible.

    En poussant le raisonnement un peu plus loin on peut concevoir que certains considèrent qu’un parti politique est une forme d’organisation dépassée : c’est une opinion que je respecte et c’est peut-être (ou pas) la position de Bernard (*). Mais on comprend bien que les tenants d’un avis contraire continueront à besogner comme ils l’entendent et considérer que, faisant ainsi, leur volonté d’ouverture et de dialogue « n’est que du vent » est faire bien peu cas de leurs convictions. Oserais-je parler de mauvaise foi ?

    Je suis également surpris par la formulation « écarté du parti ». S’il fut un temps peu glorieux où les purges étaient courantes au PCF ce n’est plus le cas depuis longtemps. Écarté signifierait-il « non réélu » dans une instance dirigeante ? Si oui il suffit d’observer à chaque congrès le taux de renouvellement important au CN et la politique assumée de rajeunissement et de féminisation pour ne pas se poser en victime.

    Last but not least : est-il possible de douter de la sincérité d’une personne qui appelle au dialogue en commençant par dénigrer ceux avec qui il est censé vouloir discuter ? Je ne suis qu’un petit soldat, militant de base en Haute-Savoie. Mais je vais voter au congrès. Aussi il faudra me convaincre, moi et mes camarades, que notre erreur aurait été de refuser de travailler avec qui que ce soit et non pas, au contraire, de trop rechercher des alliances avec des personnes ou organisations qui ne partageaient pas nos valeurs, notamment en matière de démocratie. Car il est exact que depuis quelque temps la tentation est grande de retourner cultiver mon potager.

    (*) c’était en tout cas celle de Jean-Luc Mélenchon et d’Emmanuel Macron… qui se sont empressés de structurer leurs mouvements respectifs avec des règlements stricts, déterminés en petits comités… et qui semblent s’appliquer à tous sauf à ceux qui les édictent.

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