Soyons unis partout en France

L’intervention que j’ai prononcé ce matin au conseil national du Parti communiste français du 26 avril 2017.

Nous vivons un moment tout à fait particulier, porteur d’inquiétudes, de promesses, de joie et de tristesse.

Pour les communistes tout particulièrement, c’est un moment étrange : tant de bouleversements dans le paysage politique, tant d’espoirs renaissent et grandissent, tant de nos idées, longtemps restées confidentielles, se répandent avec bonheur dans le débat public, et pourtant le parti qui a tellement contribué à leur émergence n’en est pas crédité. Ce qui vient de se produire, s’est pour l’essentiel produit en dépit du Parti communiste français comme force politique, même si, partout en France, les communistes n’ont pas ménagé leurs efforts. Ce n’est pas si grave, parce que cela s’est produit tout même. Mais c’est triste.

Nous sortons donc affaiblis de la séquence. Cet affaiblissement se matérialise par notre grande difficulté à apprécier le moment politique, à comprendre tout simplement ce qui se passe. Comment espérer alors peser significativement sur le cours des choses ?

  1. Nous avons intériorisé la domination du PS sur la gauche et sous-estimé la défiance de la population à l’égard de ce parti à un point tel que n’avons jamais envisagé qu’il puisse connaître la déroute électorale qu’il vient de subir. Pourtant les signes existaient.

  2. Nous avons voulu rassembler des forces, des partis et longtemps caressé l’espoir de faire de la primaire « de la gauche » l’outil d’un redéploiement d’une gauche familière, d’une gauche plurielle 2.0, alors que la population manifestait une défiance croissante à son égard, comme à l’égard de la plupart des partis.

  3. Nous avons progressivement cessé d’investir notre énergie dans le rassemblement citoyen que nous avions pourtant suscité avec le Front de gauche. Nous n’y avons plus mis d’énergie et dès lors, nous avons laissé Jean-Luc Mélenchon préempter cette dynamique citoyenne avec ce que nombre de militants vivent désormais, comme la suite du Front de gauche, c’est à dire la France insoumise, en dépit de ses limites, de ses faiblesses.

  4. Nous avons privilégié la construction d’un socle programmatique qui puisse faire raisonnablement commun entre les forces traditionnelles de la gauche, le PCF, le PS, EELV, le PG… Pourtant, dans notre peuple, une disponibilité nouvelle se manifestait pour un projet d’ampleur, empoignant avec force les grands défis qui se posent devant l’humanité toute entière.

  5. Nous avons fait campagne du bout des lèvres, dans une autonomie qui a conduit à notre isolement, entretenant presque jusqu’au bout l’ambiguïté de notre soutien, notamment avec l’épisode Hamon.

Le résultat est très préoccupant pour notre parti. Il pourrait l’être plus encore à l’issue de la séquence législative.

Il est temps de se ressaisir. Notre responsabilité est de mesurer la portée exacte de se qui est en train de se produire. Nous sommes passés à deux doigts de la victoire. Un mouvement considérable s’est levé. Il commence, il ne s’est pas éteint au soir du 1er tour. Vingt mille personnes se sont inscrits sur le site de France insoumise depuis dimanche. Notre responsabilité est de ne pas passer à côté de cette dynamique, d’y contribuer. De lui trouver un prolongement politique aux législatives, car qui peut dire aujourd’hui quelle majorité peut en sortir ? D’autant plus que le vote Macron n’est pas un seulement un vote d’adhésion loin s’en faut.

Il ne dépend que de nous d’amplifier le résultat de ce premier tour. Alors, que toutes les forces qui ont contribué au succès de Jean-Luc Mélenchon s’unisse sous la même bannière ! C’est pourquoi, plutôt que nous interroger sur le silence de France insoumise, tout doit être fait immédiatement, sans aucune réserve, pour apporter la contribution communiste indispensable au rassemblement citoyen, pour avoir 577 candidats communs aux législatives, pour gagner une majorité au service d’une France et d’un avenir en commun.

6 réflexions sur “Soyons unis partout en France

  1. Bof bof. Et si JLM avait appelé au rassemblement? aurait-il suscité une meilleure dynamique pour être au 2éme tour? Et si maintenant il appelait au rassemblement pour les législatives après avoir appelé sans ambiguïté à voter Macron, est qu’une telle dynamique n’existerait pas pour une majorité à l’assemblée nationale? Et si il sortait de sa dépression post électorale pour penser qu’on ne va pas élire ses hologrammes? Et s’il redevenait modeste ou plutôt ambitieux pour notre peuple, est ce que nous pourrions gagner ensemble? Je le pense, je le souhaite et je redoute qu’il ne le fasse pas préférant la domination des insoumis à la la possible victoire le 18 juin. Mais écrire ce que je viens de lire, avec un tel aplomb, me parait en dehors de la réalité politique. Nous sortons d’une période de glaciation, nous avons besoin de débats mais nous avons surtout besoin de rassemblement et d’engagements pour, enfin, gagner.

  2. C’est finalement assez drôle de lire les propos contradictoires de ceux qui ont fait de l’anti-mélenchonisme effréné au cours de la dernière année (et plus), qui l’ont traité de de tribun à l’ego démesuré, de César, voire de dictateur (en détournant, hors de propos, les belles paroles de l’Internationale), et qui ont brocardé les insoumis en les qualifiant de « soumis à Mélenchon », ceux qui continuent d’ailleurs à le faire en appelant ce dernier à la « modestie » (comme dans le post ci-dessus), mais qui – en même temps et sans voir l’hilarante contradiction de leurs imprécations – le critiquent à présent d’oser laisser les insoumis décider par une consultation démocratique de ce qu’ils doivent faire, comme ils ont décidé du contenu de son programme, tout seuls (si l’on peut qualifier de « seuls » les 250.000 qu’ils étaient à l’époque et qui sont devenus 480.000 aujourd’hui), pendant des mois. C’est vrai qu’il est plus modeste, plus démocratique et moins tribunicien d’appeler précipitamment à voter Macron sans consulter quiconque, dès le dimanche soir. Tout comme il était parfaitement démocratique d’annoncer après le vote des militants communistes en faveur du soutien à Mélenchon, que la direction du parti se réservait le droit de revenir sur cette option en fonction du résultat des primaires PS… Décidément, la perte continue des militants et des électeurs de notre Parti n’aura rien appris à certains qui prétendent, du haut de leurs certitudes, qu’ils sont dans la « réalité politique » parce que, puisqu’ils ont raison envers et contre tout, cette réalité politique devra obligatoirement se plier à leurs vieux schémas dépassés.

  3. Depuis le temps que le peuple attendait de voir émergé une personne responsable et attentive au gens qui habite en France sans ce soucier de ce qui est bien ou mal pour les dirigent en place mais prêt a affronter les puissants qui voulait lutter contre l ‘évasion fiscale qui gangrène le pays avait mis en avant l’écologie et le bien être pour tous et qui ne pensait surement pas à lui qui a tout donner même quand il n avait pas encore eu l honneur de récolter les 500 signatures obligatoire qui d ailleurs avec les communistes que l ont remercient ont l’avaient fait a contre coeur ou pour le faire au dernier moment surement je pense pour dire qu’ils comptaient être au premier rang mais voila à force de faire des calculs sur le dos des insoummis car
    nous avions nous le peuple compris que Hamon était la pour faire barrage a notre programme hé oui danns le pays il n’y a pas que des ânes hé donc maintenant nous allons construire pour obtenir le plus de siège aux législatives et bien sur les étiquettes avec la France Insoumises n »ont pas lieu d’être toutes les voix compterons en espérant avoir le soutien de tous . Certain dans l’état ont déja tout organiser alors faisons l’inverse de ce qu’ils attendent ont nous a tromper pour la présidentielle alors soyons plus réactif et M Mélenchon en ne donnant aucune consigne est en accord avec nous chacun prend ses responsabilités nous ne sommes pas des moutons

  4. Les insoumis, (au travers de leur représentant qui a su, en donnant à la politique son sens démocratique, réveiller les consciences du peuple) n’accepteront pas d’être dirigés au travers de quelque parti que ce soit. Il faut faire l’unité aux législatives pour faire face au gouvernement qui se mettra en place. Loin des politiques partisanes, sans remettre en cause le bien fondé de chacun des partis qui a contribué à ce que Mélenchon puisse être candidat, il faut choisir un candidat démocratiquement parmi les insoumis ( tous les insoumis FDG ; PC; sans étiquettes) sinon la crédibilité du mouvement sera mis en doute. Donc messieurs, mesdames, quelque soit votre origine politique, signez la charte des insoumis et postulez. Sans accord préalable il n’y a aucune raison pour que les insoumis acceptent de vous faire confiance. Ce faisant nous pourrons peut !être obtenir des députés Insoumis, sinon, la défiance ne pourra aboutir qu’à un échec. Hamon a fait le jeu de son parti en restant candidat pour couper l’herbe sous le pied à notre candidat. Est ce que nous recherchons aux législatives?

  5. Chacun s’accordera pour dire qu’il serait suicidaire de présenter plusieurs candidatures se reconnaissant ou se réclamant du programme l’Avenir en Commun dans une même circonscription. Après avoir perdu la présidentielle, ce serait la meilleure façon de s’effacer pour 5 ans du paysage représentatif national.
    Car il n’est pas si présomptueux de penser qu’une forme d’accord entre Hamon et Mélenchon (leurs programmes respectifs avaient tout de même de nombreux et significatifs points de convergence) aurait propulsé un candidat de gauche au second tour de la présidentielle, voire à la victoire. Au lieu de ça, on reste à 600.000 voix de la qualification, notre beau programme passe aux oubliettes de l’Histoire et on se trouve devant le dilemme schizophrénique de devoir choisir entre le candidat du monde de la finance et celui du nationalisme xénophobe à peine larvé.
    De grâce, ne répétons pas les mêmes erreurs à quelques semaines d’intervalle !
    Qu’il y ait plusieurs candidats à la candidature pour une investiture législative est parfaitement naturel. Trouvons simplement le moyen de n’en retenir qu’un, fut-ce par tirage au sort !

  6. je ne sais qui ou quoi fait obstacle au rassemblement de tous ceux qui ont voté pour les propositions portées par JL Mélenchon, si c’ est un passé pas passé il y a urgence à se resssaisir, aujourd’ hui il faut être en lice face au macronisme , au LR et FN, nous seuls proposons un avenir qui ne détruit pas les humains.
    Alors parlez vous bon sang!!Revenez sur vos décisions partisanes aussi bien ceux du PCF que ceux de FI, oui c’est douloureux mais faites un peu confiance aux gens que nous sommes et portez ensemble des lendemains qui chantent.

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