Un candidat communiste à l’élection présidentielle : débattons-en !

Les militants du parti communiste français auront à se prononcer au début de l’année prochaine sur leur choix stratégique pour l’élection présidentielle de 2022.

Le choix de la conduite à tenir suppose en réalité de répondre au préalable à une double question. Est-il possible d’éviter le scénario d’un duo Macron / Le Pen ? Un (ou une) candidat(e) issu de la gauche de rupture sociale et écologique est-il (ou est-elle), en mesure d’espérer se qualifier pour le second tour, voire de l’emporter ?

Certes, pour l’instant, rien n’est moins sûr lorsqu’on observe, à gauche, les écuries préparer leurs poulains les plus affûtés. Car la plupart ne jouent pas gagnants. Souvent, ils jouent placés, pour asseoir ou reconquérir leur leadership de ce côté de l’échiquier. Et pour les autres, ils escomptent que les quelques points de suffrages glanés leur permettront d’attendre des jours plus favorables.

C’est la conviction affichée par l’économiste Yves Dimicoli qui dans un billet publié sur le site « En avant le Manifeste », nous invite à ne pas nous « tromper sur le moment historico-politique actuel », et prophétisant l’absence probable de « la gauche » du second tour, nous appelle à profiter de cette élection pour exprimer le « besoin d’un parti communiste » et promouvoir la proposition dite de « Sécurité Emploi Formation ».

De tels raisonnements, à supposer qu’ils atteignent les objectifs que se fixent leurs auteurs, n’ont en revanche aucune chance d’être compris par nos concitoyennes et nos concitoyens. Car dans leur esprit, l’élection présidentielle n’est pas le moment d’affirmer un attachement à telle force politique ou à une proposition quelconque, mais la principale occasion de désigner un cap, des principes politiques, et de choisir de celui ou celle qui, les incarnant le mieux, est susceptible des les mettre en œuvre.

Il y a donc fort à parier que les stratégies concurrentes qui semblent se mettre en place pour l’élection présidentielle, pourraient finalement, nourrir la désespérance et l’abstention populaire, sans permettre à leurs promoteurs d’atteindre leurs objectifs subsidiaires.

En effet, si les forces de transformation écologique et sociale poursuivaient dans cette direction, le message qui serait adressé aux électrices et aux électeurs serait triple. Premièrement, nous avons renoncé à un possible changement de pouvoir institutionnel. Deuxièmement, nous cédons au Rassemblement national le rôle de porter le drapeau de l’alternative. Et, par conséquent, nous confions à Emmanuel Macron le soin de nous en préserver.

Le parti communiste français doit-il contribuer à la division ?

Alors que l’ampleur des crises sanitaires, économiques, sociales et écologiques que le pays traverse risque d’aiguiser de manière inédite l’importance de cette échéance électorale, le parti communiste français peut-il laisser se dérouler un tel scénario catastrophe sans initiative pour le bousculer ? Pire, peut-il y contribuer, en jouant lui-même solo dans cette période, et en présentant un candidat issue de ses rangs à l’élection présidentielle ?

Chacun comprend bien que la Ve République recèle dans ses flancs un piège considérable dont les mâchoires n’ont fait que se resserrer au gré des révisions constitutionnelles. L’élection du président de la République au suffrage universel depuis 1965 a su efficacement tenir à distance du second tour de la présidentielle, un candidat issue du Parti communiste français, lorsque ce dernier avait encore les moyens militants et bénéficiait de vents plus favorables qui lui permettaient d’envisager ce tour de force.

Alors que les conditions politiques sont aujourd’hui fort différentes, le fétichisme d’une candidature issue du parti communiste français à la présidentielle est d’autant plus difficile à suivre, quels que soient les buts, plus ou moins avoués qui servent à la justifier.

Le texte adopté lors dernier congrès indiquait que « le Parti doit travailler à créer les conditions d’une candidature communiste à l’élection présidentielle de 2022 ». La question est aujourd’hui posée de savoir non seulement si ces conditions sont réunies, mais surtout sur la base de quels objectifs politiques ?

Une candidature pour quoi faire ?

S’agit-il d’imaginer que le parti communiste puisse bâtir, autour de lui, un rassemblement majoritaire en situation de l’emporter ? Nous ne voyons malheureusement aucun signe annonciateur d’un tel séisme politique.

S’agit-il de contribuer, par une candidature supplémentaire, à ce que la gauche l’emporte, comme la comparaison osée avec la candidature de Georges Marchais en 1981 tente de le démontrer ? La gauche dans son ensemble faisait alors plus de 45 % au premier tour, avec des chances significatives de présence au second tour. Et la « contribution » du candidat communiste dont le score, alors décevant, avait atteint les 15 % est malheureusement très (très !) éloignée de ce que nous promettent les instituts de sondage.

S’agit-il, comme on l’entend parfois, de présenter une candidature destinée à être retirée en temps opportun, pour mieux se replier ensuite sur un ou une candidate mieux placée ? Il s’agirait là d’une combinaison hasardeuse, dont le succès serait en quelque sorte attaché à une capacité de nuisance qui n’est, en toute hypothèse, ni dans nos moyens, ni dans notre intérêt, ni me semble-t-il, dans notre ADN. En dissimulant nos intentions, une telle tactique n’aurait que peu de chance d’être entendue par nos concitoyens, et brouillerait et même contredirait les objectifs que nous affichons parfois, de coconstruire avec eux des rassemblements politiques d’une nouveau type.

S’agit-il de redonner de la visibilité aux idées communistes ? Il est des moyens plus efficaces et moins ravageurs de reconquérir, dans le débat public, une visibilité du parti communiste français et des idées et propositions dont il est, parfois, le seul promoteur. En dépit de quelques différences non négligeables, une part très importante du programme du candidat que nous avons soutenu en 2017, était directement inspiré par des propositions construites et portées par le parti communiste français. En recueillant plus de 19 % des suffrages, ces idées et propositions ont reçu une audience considérable contribuant à en faire des exigences populaires durablement partagées.

S’agit-il, enfin et plus prosaïquement, de témoigner de l’existence d’un parti communiste français, par la seule présence d’un candidat issu de ses rangs à l’élection présidentielle, comme le font en France et depuis des décennies, d’autres forces politiques se revendiquant également des idées communistes, sans réussir, à cette occasion, ni pour ainsi dire « à se remplumer », ni même à mettre la moindre idée en circulation dans le débat public.

Décidément, aucun de ces calculs n’a la moindre chance ni d’être utile à notre peuple, ni de l’être au parti communiste français pour enrayer son déclin. Au contraire, si notre parti apparaissait comme ayant fait obstacle à un possible changement significatif de politique, il prendrait le risque de se trouver durablement discrédité aux yeux de celles et ceux qui y aspirent. Jamais le capitalisme n’est apparu aussi inapte à relever les défis de notre temps, et tandis que la colère populaire se cherche, comme elle peut, une issue politique, le parti communiste français privilégierait des conjectures égoïstes, éphémères et négligentes ?

Ne baissons pas les bras

Le peuple de gauche « ne s’est pas évaporé » ainsi que le rappelle Patrice Cohen-Seat. La disponibilité existe de contester l’ordre libéral autoritaire macronien, comme l’immense mobilisation pour défendre les libertés et contre la loi dite de « sécurité globale » vient de le démontrer, ou celles contre les discriminations de genre ou le racisme. Elle existe pour les ruptures qu’appellent le défi écologique, la défense de services publics applaudis pendant la crise, le droit de dire ce qui doit être produit et comment, et aussi pour répartir autrement les richesses créées. La responsabilité du parti communiste français est de se mettre au service de ces aspirations. C’est en démontrant ainsi son utilité qu’il pourra reprendre pied dans la vie politique du pays.

Un débat très sérieux s’ouvre dans notre parti. Encore faut-il en créer vraiment les conditions, surtout si nous devons provisoirement différer le bilan d’un congrès. Nous en sommes loin puisqu’à peine engagé, il est troublé par les premiers gestes publics que nous produisons, ou pas.

Alors que les militantes et les militants communistes ne se sont pas encore prononcés sur ce sujet, comment expliquer que notre secrétaire national multiplie, dans les médias, les déclarations sur ses intentions présidentielles ?

Alors que nous parlons souvent de « rassembler la gauche », nous ne prenons nous-mêmes ni le temps de formuler les conditions que nous pensons devoir réunir, pour réussir ce rassemblement, ni les initiatives publiques pour les exprimer : sur le cap et sur les contenus, sur le choix d’une ou d’un candidat, sur la méthode de désignation, sur l’organisation de la campagne, sur la capacité de faire contribuer et d’associer des forces de natures différentes, politiques, syndicales, associatives, sur le rôle des citoyens qui ne s’y retrouvent pas, et finalement sur l’esquisse d’un accord de gouvernement et de législature ?

Comment se fait-il, par exemple, que la proposition faite par le candidat de la France insoumise d’ouvrir, avec les forces politiques qui le souhaitent, des discussions et un travail d’amendement du programme pour lequel nous avons voté en 2017, ne soit nullement évoquée dans les instances de notre parti, à commencer par le Conseil national ? Pas plus que plusieurs autres appels et initiatives qui ont exprimés ces derniers mois une exigence de rassemblement.

Le confinement que vit le pays ne peut en aucune manière justifier un confinement du débat dans le parti communiste. C’est pourquoi, pour que le plus grand nombre de communistes soient saisis de ces enjeux et amenés à se prononcer pleine connaissance de cause, les conditions d’un débat argumenté et d’un vote dans les instances de délibération doivent être réunies, de sorte qu’aucun d’entre eux ne soit tenus à l’écart et dès lors que les conditions sanitaires le permettront.

15 réflexions sur “Un candidat communiste à l’élection présidentielle : débattons-en !

  1. Ex PCF, mais resté proche, j’espère qu’il évoluera vers l’organisation contemporaine utile au communisme déjà là. , Je suis convaincu que le changement de société ne peut se passer de sa contribution. Je me sens donc concerné par ses débats internes
    et sauf à considerer qu’il est une organisation fermée qui n’a que faire de la contribution du peuple à la révolution, je trouve naturel de donner mon avis et qu’il prenne en compte ce que les citoyens cherchant une issue au capitalisme lui disent.
    C’est la raison pour laquelle je relaie avec enthousiasme ce texte qui mérite une forte audience pour que ce débat ne reste pas un débat d’initiés mais un débat dans lequel les larges couches de la population concernées par la perspective mortifere d’un duel Macron / LePen prennent part.
    Et même si je n’ignore pas la sacro sainte souveraineté des adhérents toujours en vigueur au PCF et que je la respecte.

    Alain Job

  2. Un texte de science fiction ou comme par hasard les communistes sont sommés de renoncer à proposer leurs propres visions de l’état de la société -l’expression objective du besoin de communusme- comme sortie des crises et de transformation de la société dans un processus desalienant les individus et collectivement. Cela ne me convaincre pas du tout car le postulat de départ est entaché d’une erreur fondamentale c’est que le contexte de 2022 bien malin qui peut en dire un mot sérieusement d’autant qu’il n’aura absolument rien à voir avec ce que l’ on a connu en 2017. Je suis même étonné que des dirigeants du PCF se perdent sans cette posture idéologique. Pour une raison de clarification politique et de pedagouïe politique je dis OUI à un candidat PCF au 1°tour de 2022 et je souhaite que nous puissions compter sur le désistement de tous les autres candidats « dit » de gauche au 2°tour.

  3. Je partage cette réflexion qui me semble tomber sous le sens. En effet les idées communistes, qui sont d’une actualité évidente devant le déclin du capitalisme, s’inscrivent dans le temps long. Il s’agit donc bien de les faire progresser et partager le plus largement possible. Mais il faut se rendre à l’évidence l’audience du parti n’est plus à la hauteur des idées qu’il porte.
    Il serait trop long d’en expliquer les causes mais il serait facile d’en reporter la responsabilité, même si l’impact a été et est encore très important, sur les méRdias et les trahisons du PS. Pour faire court l’abandon de certains de nos fondamentaux, notre éloignement du terrain et le basculement dans l’electoralisme, sont certainement des causes de cette dégringolade, aussi.
    Donc, la question qui nous est posée devant l’urgence à amorcer un changement de politique c’est, souhaitons-nous une présence de la gauche radicale au 2ème tour de 2022 ?
    Si oui, et ce serait une grave erreur pour le parti et les citoyens de faire l’impasse sur 2022 (incompris et reproché pour longtemps), il n’y a pas d’autre choix que de travailler sur nos programmes (Lfi et Pcf), en vue d’une candidature commune.
    Celle de JLM me paraît légitime et capable de relever le défi 2022.

  4. « je souhaite que nous puissions compter sur le désistement de tous les autres candidats « dit » de gauche au 2°tour »

    Peux tu me donner le nom de la planète sur laquelle tu vies ?

  5. Toute la question c’est le manque sérieux d’analyse de la situation de l’auteur de ce texte. Il se place sur le terrain électoral uniquement. Mais enfin soyons lucides : depuis quand des élections de surcroît présidentielles ont permis de changer la société ? Pure illusion du démocratisme bourgeois. Toutes les expériences depuis 40 ans de conquête électorale de la « gauche réformiste » ont conduit au renforcement du libéralisme, à la montée de Le Pen et à la victoire de Macron. Si les communistes participent aux élections de 2022 ce n’est pas pour répéter des scenarii déjà joués avec Mitterrand ou Hollande, et voir l’échec cuisant de Tsipras trahissant son peuple ! C’est quand que l’on va relire Lénine et bien comprendre que ce qui se joue en ce moment c’est la crise générale du capitalisme dans sa phase finale et impérialiste et que le capitalisme prépare avec ses alliés de droite, de droite extrême et sociaux démocrates la contre -révolution ? Toutes les mesures prises par la macronie sont des mesures pour empêcher le mouvement populaire révolutionnaire et démocratique de se constituer car, rappelons le, nous sommes dans cette phase historique où le développement sans précédent des forces productives entre en contradiction avec les rapports de production capitalistes (Lire le texte de la préface de Karl Marx de la critique de l’économie politique (1859)). Le rôle du PCF est de construire ce mouvement. Participer aux élections sera utile pour travailler à l’analyse de cette situation concrète qui doit nous conduire à l’élaboration d’une stratégie démocratique construite avec les gens. Tout le reste est de la bouillie politicienne qu’on nous a déjà servie et qui nous a conduit à la dramatique déroute du PCF et du mouvement révolutionnaire dans notre pays.

  6. Si dans son contenu cette contribution soulève la question de quel candidature de rassemblement elle ne la justifie qu’au regard d’un nouveau duel mortifère Macron Le Pen .
    Par contre elle élude la question du contenu de cette candidature de rassemblement et la remise en cause des institutions de la V eme république avec notamment l’élection du président au suffrage universel et celle des députés au scrutin uninominal à deux tours.
    Ces institutions complétées par les traités européens nous enferment dans une monarchie « républicaine «  et la logique libérale des traités européens
    Une candidature de rassemblement qui prendrait en compte ces obstacles à une véritable démocratie ou le parlement jouerait pleinement son rôle comme dans les autres démocraties européennes
    Une candidature de rassemblement qui s’engagerait à organiser un référendum sur la sortie des traités qui limitent les choix démocratiques des pays membres de l’UE
    Une candidature de rassemblement qui s’engagerait sur cinq an à supprimer les aides aux grandes entreprises ( au delà de 50 ou 100 salariés) notamment les exonérations de cotisations sociales et aides type CiCE et à redéployer ces moyens sur la santé et les services publiques
    Une candidature de rassemblement qui s’engagerait enfin à sortir sur cinq ans de tous les engagements militaires à l’extérieur
    Enfin une candidature de rassemblement qui s’engagerait à renoncer à l’arme nucléaire et à démanteler l’arsenal nucléaire dans les cinq ou dix à venir
    Une candidature de rassemblement sur ces cinq points et seulement ces cinq points aurait réellement un sens et serait vraiment en capacité de mobiliser les jeunes et un spectre très large de la population voir de faire revenir les électeurs qui se sont réfugier dans l’abstention
    Chaque composante de ce rassemblement devrait y trouver son compte et œuvrer à son succès chacun à sa manière et avec ses moyens
    Telle est ma conviction

  7. Je suis agréable surpris de vos contributions favorables à l’unité des forces défendant une remise profonde de ce néolibéralisme qui de tels ravages dans le monde du travail. Puissez être entendu dans votre parti car à lecture des expressions de plusieurs groupes communistes ce qui dominent est la candidature communiste en confrontation avec LFI avec un sectarisme dominant.
    Salutations fraternelles.

  8. L’élection présidentielle est l’occasion d’exprimer au plus haut les revendications de la population française et de brosser un avenir pour La France dans le cadre national comme dans celui des relations internationales.
    Depuis sa naissance, le Parti communiste se veut exprimer cet avenir qui conduit à l’amélioration des conditions de vie matérielle, culturelles, économiques des travailleurs et plus généralement de la population qui souhaite un autre avenir que des entreprises qui ferment ou organisent des licenciement pour augmenter leur profits spéculatifs.
    Depuis toujours les communistes ont lutter pour la fin du colonialisme sous toutes ses formes et une véritable indépendance des peuples du monde dans le respect de la charte de L’ONU
    L’Otan qui a été créée au début de la guerre froide pour soutenir le plan Marshall n’a plus de raison d’être sauf à être une police contre les peuples qui veulent être maîtres de leur avenir sans suzeraineté.
    Les capacités industrielles des industries d’armements doivent être transformées pour développer les besoins de toute la Nation.
    La culture doit être accessible à tous tant dans le cadre des entreprises que celle des collectivités territoriales et dans le libre développement personnel.
    Il est nécessaire d’envisager que les bénéfices ou toutes sortes de profits des entreprises soient utilisés pour les salariés des entreprises de même que pour contribuer à la solidarité nationale
    Une autre vision de la monnaie doit intervenir dès le début de la création de la richesse créée par le travail qui ne doit plus s’évaporer dans le maquis des règles de comptabilité destinées aujourd’hui à la l’objectif de la privatisation des fruits de la production.
    Un secteur très important appartenant au secteur public doit être développé par une autre appropriation des entreprises et moyens de production.
    Les communistes ont été a la pointe des revendication des conditions de vie des enfants avec comme preuve toute la politique de l’enfance promue dès la Libération dans les municipalités où sont élus des communistes.
    Il ont été les premiers à proposer d’autres rapports dans les entreprises avec un développement de la prise de responsabilité dans la conduite de leur avenir.
    Ces ambitions doivent être portées directement devant le peuple français à l’occasion des élections présidentielles qui ne sont pas un spectacle culturel mais une mobilisation de chacun pour l’avenir de notre vision de la France.

  9. Je partage pleinement ce texte de Franck Mouly, car je ne comprends pas même si la situation de 2022 n’est pas la même que celle de 2017, qu’un an et demi après les élections européennes où nous avons fait un mauvais score, que l’on puisse croire être au 2ème tour des élections présidentielles. par contre si nous sommes le moteur militant du rassemblement de la gauche anti-libérale et écologiste, nous pourrons oeuvrer à des candidatures uniques aux législatives par circonscription et du coup créer les conditions d’une majorité de gauche à l’assemblée nationale, ce qui permettrait une constituante quelque soit le ou la président-e.
    Ce ne va pas être simple mais si nous sommes les rassembleurs ce sera plus facile mais pour cela, il faut arrêter de considérer comme ennemis tous les insoumis ou les écologistes. il faut affirmer nos idées, nos positions, notre programme mais être ouvert et travailler à toutes les convergences possibles. Et il faut surtout regagner le travail de terrain partout en France au quotidien et pas seulement quelques semaines avant les élections. Notre parti doit montrer son utilité au quotidien!

  10. L’ élection présidentielle est déjà façonnée par les capitalistes milliardaires en possession de tous les moyens d’expression. Nous avons vu en 2017 comment ils ont éliminer Fillon qui « faisait la course largement en tête » comment JLM a vu son score réduire danns la dernière ligne droite et comment la LE PEN a été cassée en un seul débat le tout pour propulser un petit banquier sorti de nul part. Ils connaissent déjà le nouveau. Nous avons déjà assez donné dans l’effacement et nous jouons la survie d’un parti qui n’a jamais trahi les classes populaires alors que ce fut le cas de tous ses alliés au cours de l’histoire. Ils se sont avérés incapables d’affronter le système. Au delà des calculs électoralistes reconstruisons ce parti comme nous y engage le 38ème congrès (toujours applicable à tous aujourd’hui). Il y va de l’avenir de nos jeunes face à un système capitaliste acculé qui devient de plus en plus féroce.

  11. Proposer un candidat communiste pour représenter la gauche ne contre dit pas la recherche de l’union . Par contre elle nous permet de mettre en valeur notre programme « l’humain d’abord » , et surtout d’affirmer l’existence d’un Parti dit « communiste »qui est nécessaire pour contribuer au débat pour la reconstruction de la gauche ;

  12. la sensibilité socialiste aura son candidat , la sensibilité écologiste aura son candidat , la sensibilité trotskystes aura deux candidats , la sensibilité socialo/gauchiste a déjà son candidat … pour toutes ces raisons la sensibilité communiste doit avoir son candidat

  13. ne pas se préparer à être présent même sur le terrain électoral, c’est déjà se résigner. I l n’y a pas de grande lutte de notre classe en ce moment, alors il faut occuper tous les terrains, même électoral et même sans illusion. Seule une reprise des luttes peut changer les choses, et elle viendra inévitablement

  14. Sur 2022, je suis d’accord avec ce que dis Franck Mouly. J’aimerais que le Parti communiste réfléchisse à cette question : Il ne retrouvera son influence que s’il est utile. Mais que veut dire aujourd’hui être utile ? Est-ce seulement avoir un « bon programme », avancer des mesures qui répondent aux attentes populaires et qui permettent d’engager le dépassement du capitalisme dont nous nous accordons tous à dire qu’il est à l’ordre du jour ? Il ne faut pas seulement un programme, des mesures « anticapitalistes », il faut aussi une stratégie qui permette d’engager ce combat pour sortir du capitalisme. Qu’est-ce que je perçois de la stratégie actuelle (mais non dite) du PCF ? « Il faut que par les élections, un gouvernement communiste ou très fortement influencé par les communistes arrive au pouvoir et qu’il mette en œuvre son « programme ». Alors les choses changeront. Et en attendant (parce qu’on sait que ce n’est pas demain la veille), on lutte. » Qu’on me démontre que je me trompe et je présenterai des excuses.
    Pour répondre à la question de 2022 il faut sortir du piège de l’électoralisme dans lequel nous nous enfermons. L’essentiel n’est pas le programme, l’essentiel pour le communisme c’est le mouvement, les mouvements qui dans la société se développent et qui, même inconsciemment, s’en prennent au système capitaliste. L’utilité du Parti communiste, c’est de chercher en permanence comment rassembler ces mouvements pour en faire un projet politique de transformation. C’est en fonction de cette stratégie, de cet objectif qu’on doit mesurer ce qui, dans une élection, permet d’avancer ou non. Autrement dit, le parti communiste doit se poser pour chaque échéance la question de savoir ce qui peut donner aux salariés, aux électeurs, l’espoir de voir leur vie changer et de sortir de ce système qui les broie.

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